Moustique tigre en Gironde : le reconnaître, réagir à une piqûre, s’en débarrasser

Le moustique tigre est désormais installé partout en Gironde, des quartiers de Bordeaux aux communes rurales. Il pique surtout le jour, se reproduit dans quelques centilitres d’eau et peut transmettre la dengue, le chikungunya et le Zika. En 2025, pour la première fois, des cas de ces maladies ont été contractés sur place dans le département. La bonne nouvelle, c’est qu’il vit à moins de 150 mètres de l’endroit où il est né : le moustique qui vous pique vient presque toujours de chez vous ou de chez vos voisins. Voici comment le reconnaître, réagir à une piqûre et vous en débarrasser durablement.

Moustique tigre en Gironde : où en est-on ?

Fin 2025, le moustique tigre était présent dans tous les départements de Nouvelle-Aquitaine sauf la Creuse. Il est implanté dans 1 700 des 4 294 communes de la région, soit environ 40 %, avec 215 communes de plus en un an, selon l’Agence régionale de santé. Bordeaux et sa métropole sont colonisées depuis plusieurs années.

L’année 2025 a marqué un tournant. Santé publique France a recensé en Gironde quatre épisodes de transmission locale : des cas de chikungunya à Bordeaux, Saint-Aubin-de-Médoc et Talence, et trois cas de dengue à Langon. À l’échelle de la France hexagonale, 809 cas autochtones de chikungunya et 30 de dengue ont été identifiés entre mai et novembre 2025, un record (bilan publié le 6 mai 2026). Un cas « autochtone » est une personne contaminée sur place, sans avoir voyagé : le virus, rapporté par un voyageur, a été transmis par un moustique tigre local.

Comment reconnaître un moustique tigre ?

Le moustique tigre, Aedes albopictus, est petit : environ un demi-centimètre, plus petit qu’une pièce d’un centime. Son corps est noir, rayé de blanc sur les pattes et l’abdomen, avec une fine ligne blanche bien visible sur le dos du thorax. Les moustiques communs, eux, sont plutôt bruns ou beiges, sans contraste net.

Son comportement le trahit aussi. Il pique le jour, avec des pics le matin et en fin d’après-midi, souvent aux chevilles et aux jambes, et il revient à la charge plusieurs fois. Il est silencieux et vole bas. Si vous vous faites piquer en plein jour sur la terrasse, il y a de fortes chances que ce soit lui.

Vous pouvez signaler sa présence sur le portail national de signalement du moustique tigre géré par l’Anses, en joignant si possible une photo. Ces signalements alimentent la surveillance de l’ARS.

Piqûre de moustique tigre : que faire ?

Dans l’immense majorité des cas, une piqûre de moustique tigre est bénigne. Elle forme un bouton rouge qui démange, parfois plus gonflé qu’une piqûre de moustique commun, surtout chez les enfants. Lavez à l’eau et au savon, appliquez du froid, et évitez de gratter pour ne pas surinfecter.

Consultez un médecin si la piqûre gonfle fortement, s’étend ou devient chaude et douloureuse, signe possible d’une réaction allergique ou d’une infection. Surtout, consultez sans attendre en cas de fièvre accompagnée de douleurs articulaires ou musculaires, de maux de tête ou d’éruption cutanée dans les jours qui suivent des piqûres. En signalant au médecin que vous avez été piqué, vous l’aidez à penser à la dengue ou au chikungunya, et l’ARS peut lancer une démoustication autour de votre domicile pour éviter d’autres cas.

Pourquoi il est si difficile de s’en débarrasser

Le moustique tigre pond ses œufs juste au-dessus de la surface de l’eau, sur les parois de petits récipients. Ces œufs résistent à la sécheresse et au froid pendant des mois, et éclosent dès que l’eau revient. Une soucoupe de pot de fleurs, un seau oublié, une gouttière mal vidée ou les plis d’une bâche suffisent. Quelques jours de chaleur après une pluie, et une nouvelle génération apparaît.

C’est pourquoi les insecticides seuls déçoivent. Pulvériser contre les adultes réduit la gêne pendant quelques jours, mais les œufs et les larves cachés dans les petits points d’eau reprennent le relais. La lutte efficace commence par les gîtes larvaires.

Supprimer les gîtes larvaires : la priorité

L’ARS résume la consigne en une phrase : « Coupez l’eau aux moustiques ». Une fois par semaine, de mai à novembre, faites le tour de votre jardin, de votre terrasse ou de votre balcon :

  • videz soucoupes, seaux, arrosoirs, jouets d’enfants et pneus qui retiennent l’eau ;
  • couvrez les récupérateurs d’eau de pluie avec une moustiquaire ou un couvercle étanche ;
  • curez les gouttières et les regards pour que l’eau s’écoule ;
  • rangez à l’abri, ou retournez, tout ce qui peut se remplir à la pluie ;
  • remplacez l’eau des vases et des abreuvoirs d’animaux plusieurs fois par semaine.

Parlez-en à vos voisins : avec un rayon de vie de 150 mètres, un seul jardin négligé suffit à entretenir la population de tout un îlot.

Piège à moustique tigre : est-ce efficace ?

Les pièges du commerce sont nombreux. Les pièges pondoirs, qui attirent les femelles venues pondre et empêchent les larves d’éclore, sont utiles en complément, surtout lorsqu’ils sont posés tôt dans la saison et en nombre suffisant. Les pièges à adultes qui imitent la respiration humaine capturent aussi des moustiques, mais ils ne remplacent pas la suppression des gîtes. Un piège dans un jardin plein de soucoupes d’eau reste un pansement.

Méfiez-vous en revanche des appareils à ultrasons et des bracelets « anti-moustiques » sans principe actif, dont l’efficacité n’est pas démontrée. Pour vous protéger directement, les moustiquaires et les répulsifs cutanés adaptés à l’âge de chacun restent les meilleures options.

Quand faire appel à un professionnel ?

Quand les gestes de base ne suffisent plus, ou quand la gêne touche un lieu qui reçoit du public, un traitement professionnel prend le relais. Chez Déraking, l’intervention commence par un diagnostic : repérage des eaux stagnantes, des zones humides, de la végétation dense et des gîtes larvaires. Vient ensuite un traitement curatif, combinant selon les cas un larvicide sur les zones humides, la nébulisation contre les adultes et des pièges. Un volet préventif, avec des pièges pondoirs traités, empêche une nouvelle génération de se développer.

Nous intervenons pour les particuliers, mais aussi pour les restaurants, hôtels, gîtes et campings, pour qui une terrasse envahie de moustiques fait fuir les clients, et pour les collectivités. En moyenne, un traitement coûte entre 150 € et 300 €, selon la surface et l’accès aux zones à traiter. Pour un devis, consultez notre page de traitement anti-moustiques à Bordeaux ou appelez-nous au 05 56 28 02 84.

Questions fréquentes

Le moustique tigre pique-t-il la nuit ?

Rarement. Il est surtout actif le jour, avec des pics le matin et en fin de journée. Les moustiques qui vous réveillent la nuit sont en général des moustiques communs.

Jusqu’à quand le moustique tigre est-il actif en Gironde ?

En général de mai à novembre, avec un pic en été et au début de l’automne. Ses œufs, eux, passent l’hiver et éclosent au retour des beaux jours.

Les insecticides en spray suffisent-ils ?

Non. Ils tuent les adultes présents, mais pas les œufs ni les larves dans les petits points d’eau. Sans suppression des gîtes, les moustiques reviennent en quelques jours.